Plus de 35 millions de dollars se préparent à traverser les vitrines de Christie's, emportant avec eux huit toiles issues de la collection du producteur de disques Clive Davis, décédé en juin dernier. Le catalogue indique que les œuvres, dont la valeur totale dépasse ce seuil, seront proposées lors des ventes de novembre à New York, un moment où le marché de l’art s’ancre dans le calendrier des grands événements culturels.
Parmi les pièces, un tableau de 1986 signé Andy Warhol, représentant la chanteuse Aretha Franklin, rappelle les séries de portraits que l’artiste a dédiées aux icônes de la musique afro‑américaine. Un paysage de 2009 signé David Hockney, une abstraction de 1992 de Joan Mitchell, ainsi que des toiles de Frank Stella, George Condo et Robert Motherwell complètent le lot. Chaque œuvre porte la trace d’une époque : le Warhol de la décennie des années 80, le Hockney post‑numérique, la gestuelle de Mitchell qui a suivi les mouvements abstraits des années 70.
Ce qui unit ces créations, ce n’est pas seulement leur esthétique mais le fil conducteur d’un producteur qui, depuis les studios de New York, a « reconnu et cultivé le talent à ses débuts », comme le souligne une citation interne. Davis a longtemps investi dans les arts visuels, considérant la peinture comme une extension de la narration musicale. Son portefeuille, aujourd’hui disséminé dans les enchères, témoigne d’une pratique où le mécénat sonore se traduit en collection visuelle, un pont qui continue d’influencer les valeurs du marché, 35 000 000, un chiffre qui reste, paradoxalement, à la fois point de repère et point de rupture.
