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The Conversation: Heritage in Design

Heritage is everywhere in design right now. But whose stories are being told, who gets to tell them, and what’s left out? Here, four designers share their thoughts on the pitfalls – and opportunities – of drawing on the past

The Conversation: Heritage in Design© creativereview.co.uk

On nous serine que le design contemporain puise dans l’héritage pour se réinventer. Comme si l’histoire était un buffet où l’on pioche des motifs à reluire sous des néons. Les agences de 2026 se gargarisent de « heritage » comme d’une preuve de profondeur, alors que leurs planches de tendances ne retiennent que les fragments photoshopés d’un passé qu’elles n’ont jamais vécu.

Suzanne Dean, citée dans Print Mag pour ses couvertures, respire cette tension : ses compositions s’appuient sur des codes typographiques des années 1940, mais son travail repose sur des scans haute résolution d’archives qu’elle superpose sous des effets de texture. L’originalité n’est plus qu’un héritage numérisé, désossé de son contexte. Ses clients ne voient pas la manipulation — ils voient du « savoir-faire ».

Pire, la généalogie qu’elle invoque est une illusion commerciale. Alvin Lustig, auquel on compare ses jaquettes, a produit des couvertures de livres dans les années 1950 pour une Amérique de papier. Ses choix graphiques étaient des réponses à des contraintes matérielles : encre limitée, papier fragile, imprimeurs régionaux. Dean travaille avec des fichiers vectoriels et des écrans 8K. Les mêmes visuels, transplantés, ne racontent plus la même histoire. Le design devient un exercice de nostalgie fantôme, où l’on célèbre une décennie disparue en effaçant ce qui l’avait rendue nécessaire.
En 1961, le designer Paul Rand écrivait : « Le design est l’ambassadeur silencieux du goût. » En 2026, le goût n’a plus de silence. Il hurle dans les algorithmes de recommandation, où une esthétique des Trente Glorieuses se vend comme une cure de jouvence pour marques en crise.