Dans le Conran Shop, le show « Motion Sickness » s’installe comme une intrusion architecturale : des sculptures cinétiques de taille monumentale, leurs bras d’acier s’allongent et se replient, projetant des ombres qui tranchent le parquet ciré. Le métal bruine, les moteurs vrombissent, et chaque composante semble calibrée pour occuper l’espace comme une cellule vivante. Le dispositif transforme la boutique en galerie d’engrenages, où la lumière se faufile entre les pivots et crée un jeu de reflets qui rappelle les vitraux industriels.
Isabel et Helen, les créateurs du spectacle, ont fait de la mécanique leur langue. Leur fascination pour les rouages se traduit en une chorégraphie de poids et de contrepoids qui oblige le corps du visiteur à se faufiler, à anticiper le prochain déplacement. Le passage entre deux sculptures devient un test d’équilibre, le souffle se synchronise avec le cliquetis des pistons, et la peau perçoit la vibration du sol comme un pouls. Cette interaction force le spectateur à devenir partie intégrante du dispositif, à ressentir la tension des axes comme une pression physique.
Le mouvement devient la surface la plus tangible.